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jeudi 1 novembre 2018

Chine ! Qui a besoin de démocratie quand on a des datas !

Salut à tous,   

Du site OWDIN : Voici comment la Chine réglemente l’utilisation des données, de l’IA et de la surveillance Internet..  

   ¨  En 1955, l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov a publié un court récit sur une expérience de « démocratie électronique« , dans laquelle un seul citoyen, choisi pour représenter une population entière, répondait à des questions générées par un ordinateur nommé Multivac. La machine a pris ces données et a calculé les résultats d’une élection qui n’a donc jamais eu besoin de se produire. L’histoire d’Asimov se déroule à Bloomington, Indiana, mais aujourd’hui, une approximation de Multivac est en cours de construction en Chine.

   Pour tout régime autoritaire, « il y a un problème fondamental pour le centre de comprendre ce qui se passe aux niveaux inférieurs et dans la société », dit Deborah Seligsohn, politologue et spécialiste de la Chine à l’Université Villanova de Philadelphie. Comment gouverner efficacement un pays qui abrite une personne sur cinq sur la planète, dont l’économie et la société sont de plus en plus complexes, si vous n’autorisez pas le débat public, l’activisme civil et la rétroaction électorale ?

   Comment recueillez-vous suffisamment d’informations pour prendre des décisions ? Et comment un gouvernement qui n’invite pas ses citoyens à participer continue-t-il de susciter la confiance et de modifier le comportement du public sans mettre la police à chaque pas de porte ? 

 

Des données au lieu d’un dialogue

   Les dirigeants chinois ont longtemps voulu puiser dans l’opinion publique sans ouvrir la porte à un débat animé et à la critique des autorités. Pour la plupart de l’histoire impériale et moderne de la Chine, il y a eu une tradition de gens mécontents de la campagne se rendant à Pékin et organisant de petites manifestations en tant que « pétitionnaires » publics. On pensait que si les autorités locales ne comprenaient pas ou ne se souciaient pas de leurs griefs, l’empereur pourrait faire preuve d’un meilleur jugement.

   Sous Hu Jintao, certains membres du Parti communiste voyaient une ouverture limitée comme un moyen possible d’exposer et de résoudre certains types de problèmes. Les blogs, les journalistes anticorruption, les avocats des droits de l’homme et les critiques en ligne qui mettent en lumière la corruption locale ont suscité un débat public vers la fin du règne de Hu. Au début de son mandat, Xi a reçu une séance d’information quotidienne sur les préoccupations du public et les perturbations des médias sociaux, selon un ancien fonctionnaire américain au courant de la question. Ces dernières années, des pétitionnaires sont venus dans la capitale pour attirer l’attention sur des scandales tels que les saisies illégales de terres par les autorités locales et la poudre de lait contaminé.

  En théorie, la gouvernance axée sur les données pourrait aider à résoudre ces problèmes – en évitant les distorsions pour permettre au gouvernement central de recueillir directement l’information.  

  

Police algorithmique

Dans le Washington Post de cette année, Xiao Qiang, professeur de communication à l’Université de Californie à Berkeley, a qualifié la gouvernance de la Chine d' »État totalitaire numérique« . C’est en Chine occidentale que les aspects dystopiques sont les plus évidents¨...

  ( Voir au complet cet excellent article )

 https://owdin.live/2018/09/02/qui-a-besoin-de-democratie-quand-on-a-des-data/

Pégé 

Windows 7 Familiale / Windows XP Pro / Windows 10 / Windows 7 Intégrale / Ubuntu 14.04 LTS / Linux Mint 17 / Mac ¨Tiger¨, version 10.4.11

vendredi 10 mars 2017

"La segmentation du monde que provoque Internet est dévastatrice pour la démocratie" !

Salut à tous,  

Du site France Culture : Pour le professeur de droit à Harvard et penseur du net Lawrence Lessig, il y a urgence à reconstruire des espaces communs de discussions.  

   ¨ Pour le professeur de droit à Harvard et penseur du net, il y a urgence à reconstruire des espaces communs de discussion.

C'est avec une certaine inquiétude que Lawrence Lessig observe comment Internet est à la fois un outil fantastique et ce qui a renforcé la crise démocratique. Professeur de droit à Harvard, constitutionnaliste réputé, Lawrence Lessig est l'un des premiers penseurs du web. Dès les années 1990, il a réfléchi aux liens entre Internet et la démocratie. C'est à lui que l'on doit les licences "creative commons" (pour la mise à disposition d'oeuvres en ligne). Et la publication, en 2000, d'un texte devenu classique de la littérature numérique "Code is law" [“le code, c’est la loi"]. Il y expliquait qu'avec la numérisation de nos sociétés, le programme informatique était amené à faire loi. 16 ans, plus tard les algorithmes sont partout dans nos vies.

Vous dites qu’il devient difficile de partager un récit commun qui permette de gouverner. Pourtant l’idéal initial d’Internet était précisément que les gens puissent davantage se parler et se comprendre. Que s’est-il passé ?

Nous ne réalisions pas qu’Internet allait aussi changer profondément la nature des communautés, la manière dont elles accèdent à l’information et la digèrent.
Nous sommes passés de plateformes communes pour avoir de l’information [comme la télévision], à des plateformes de plus en plus fragmentées. Et les algorithmes qui alimentent les gens en informations sur les plateformes comme Facebook, produisent de plus en plus un monde dans lequel chacun vit dans sa propre bulle d’information.
Or dans ce monde-là, l’idée même d’une action politique orientée vers l’intérêt général est presque impossible. Nous ne savons pas comment construire un espace dans lequel les gens pourraient discuter des mêmes questions politiques, à partir d’un cadre commun et d’une compréhension partagée des faits. Aujourd’hui, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de la manière dont Internet nourrit la polarisation et une moindre compréhension des problèmes communs, à cause des algorithmes et de l’architecture du réseau.

Quelles conséquences a cette polarisation ?

Nous vivions dans un monde physique où si on se promène dans la rue, on va être confronté à des gens différents, à des idées qu’on préférerait repousser. Mais dans le cyberespace, il est de plus en plus facile de segmenter les gens, de les cantonner à leur propre univers. Or se confronter à d’autres idées que les siennes, c'est l’essence de la démocratie. Laisser les gens vivre dans un monde où les seules idées et paroles qu'ils reçoivent sont celles qu'ils veulent, c'est détruire la base de l’engagement démocratique. C’est vraiment une évolution dévastatrice. Et nous ne savons pas comment surmonter cela. Comme c’est inédit, nous n’avons aucun principe légal ou précédent clair pour nous aider à comprendre comment faire .

Quelle est la responsabilité des réseaux sociaux ?

Facebook a déjà, par exemple, une politique qui interdit la propagation sur sa plateforme des messages de haine ou terroristes. Sur ce sujet comme sur la pédo-pornographie, il prend donc déjà la position d’un censeur. Et le vrai problème que cela pose, c’est que c’est un acteur privé. Quand Facebook ne veut pas que quelque chose soit publié, ils disent juste : "c’est notre plateforme, privée". Mais l’idée d’une plateforme privée quand des millions de personnes sont dessus est assez folle. Nous devons réfléchir à cela : comment créer les standards et les valeurs qui devraient gouverner un monde possédé par des entreprises privées¨... ( Voir l`article au complet )

https://www.franceculture.fr/numerique/lawrence-lessig-la-segmentation-du-monde-que-provoque-internet-est-devastatrice-pour-la


Pégé

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